vendredi 11 septembre 2009

Ping Pong in Donaldville (exécution numéro 2)

ACCIDENT TRAGIQUE AUX STUDIOS DE CANAL DONALDVILLE
Tôt ce matin, une explosion a souffle les locaux de la chaine de télévision. Les employés étaient heureusement absents pour cause de grève. Un exemplaire des "Confessions d'une accro du shopping" ayant été retrouve, la police fouille les décombres à la recherche d'éventuelles victimes. La piste criminelle est privilégiée, un chewing-gum colle sur une bouche de gaz serait vraisemblablement à l’ origine du sinistre. Lire le détail en page 4.

Ping Pong in Donaldville (exécution numéro 1)

Alors qu'elle traversait la rue "Du mec qui se fait renverser par une voiture", elle fait un strike sur un mec qui tirer une lourde malle dans laquelle il aurait pu entrer, pensa Colombine. Le type s'écroula sous les roues d'un camion qui pourtant devait livrer des courgettes (nulle part sur sa feuille de route n'était mentionnée qu'il devait rouler sur un type, qui plus est là où se sont des mecs qui se font renverser ) - on renomma donc la rue "Du type qui se fait écraser par un camion."

dimanche 6 septembre 2009

Ping-Pong (work in progress)

La nuit tombait sur Donaldville. Le silence l'imita. Le sinistre voyageur posa sa lourde malle et sortit un plan de la ville d'une de ses poches. Dans un déchirement de métal, le monorail s'arracha en direction de Frontierland, laissant l'homme seul dans la semi obscurité. Un frisson lui parcourut l'échine. Encore une fois il était perdu. Maugréant contre la carte trop compliquée, il la replia et commença à vider le contenu sa malle sur le quai. Même s'il savait que rien, dans tout ce barda, ne l'aiderait à trouver son chemin, il continuait à fouiller frénétiquement, à la recherche d'une bonne idée. Un casque de plongée, une pochette de 33 tours d'Eddy Mitchell, 3 rouleaux de rubans adhésif, un nécessaire de toilette, les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, un tube de barbituriques et une pile rechargeable, mais aucune indication sur la route à prendre, et le contrôleur qui stationnait sur le quai, de plus en plus intrigué par le voyageur, s'approcha de lui d'un pas lent, les deux mains croisée sur ses reins. Dans un sursaut de désespoir, le sinistre voyageur se glisse en position foetale dans la malle et en fit claquer le couvercle. Recroquevillé de la sorte, il retrouve enfin son calme, coupé du monde extérieur, bercé par le seul bruit des battements réguliers et sourds de son cœur.

"Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi." En se récitant avec délectation ces phrases, il se dit que, quitte à en faire mentir l'auteur, il pourrait lui aussi faire preuve d'un telle ambition; des le lendemain il postulerait à l'émission de télé réalité pour se montrer dans toute sa vérité se dit-il et, satisfait, il referma ses yeux couleur menthe a l'eau.

Le lendemain matin, il sorti frais, dispos et sans aucune trace de la nuit passée dans la malle sur son costume blanc cassé. Néanmoins cette nuit passée dans la malle l'avait bien retardé et il lui fallait maintenant rattraper le temps perdu, ce qui ne serait pas une mince affaire. Il ramassa à la hâte ses affaires éparpilles sur le quai, et ne remarqua pas que les Confessions qu'il glissa dans sa malle étaient celles de Saint Augustin.

Il se dirigea donc avec hâte vers les studios d’enregistrement, persuadé d’avoir bien emmené le livre qui avait jusqu’à ce jour guidé l’ensemble de sa vie ainsi que de ses pensées et qu’il croyait nécessaire à l’accomplissement de grandes choses : les confessions de Jean Jacques Rousseau. Les studios se situaient à l'autre bout de la ville et, en marchant bien, il comptait s'y présenter dès leur ouverture et être ainsi le premier candidat à s'inscrire. Ce fut le cas.

oOo

A la sortie du lycée technique Clark Kent, une gamine rousse d'environ quinze ans mastiquait consciencieusement un chewing-gum, l'air bougon. Immobile et les mains dans les poches, elle ne semblait pas se soucier des jeunes gens qui la bousculaient en passant devant et derrière elle, l'entourant, la dépassant, l'enfermant dans une marée humaine dont elle était ostensiblement différenciée. Colombine n’avait jamais aimé les gens et encore moins les ados. Deux choses, qu’elle aimait : Le bowling et les émissions de télé-réalité, et elle disait merde au reste et aux autres.