lundi 28 décembre 2009

Mon style en CR / A base de po po po po!

1. Crématoire
2. Crème dépilatoire
3. Cri
4. Ecrevisse
5. Cramoisi
6. Apocryphe
7. La compagnie Créole
8. Crotte
9. Croche-pied
10. Vaincre
11. Accras de morue
12. Macramé
13. Sacripant
14. Cristaux
15. Crasse
16. Franck Riberi
17. Cancrelat
18. Croasser
19. Mercredi

20. Crapaud
21. Politique
22. (Mycose) Post-traumatique
23. Police
24. Polype
25. Apostolique
26. Polyglotte
27. Trampoline
28. Poney
29. Potiron
30. (Rond-point) Chapeau
31. Gestapo
32. Appeau
33.
34.
35.
36.
37.
38.
39.
40.

mardi 6 octobre 2009

Ping Pong in Donaldville (exécution numéro 3)

Elle marchait d’un bon pas et longea la nouvelle école de musique, cela raccourcissait de loin son trajet jusqu’à l’appartement de son père. Elle ne remarqua pas la grue qui transportait, au 5ème étage de l’immeuble, le piano Steinway destiné à donner le rythme aux jeunes danseuses en tutu rose. Elle ne remarqua pas non plus ni le visage décomposé du superviseur qui venait de voir le câble principal de la grue se rompre ni les cris des passants qui l’exhortaient de reculer. Elle n’eu pas le temps de remarquer l’homme à la malle qui passait à quelques mètres d’elle. Elle n’eu que le temps d’entendre son corps craquer sous le poids du Steinway et de se dire que, merde, elle allait encore rater HdP.
L’homme à la valise passa à côté du corps inanimé de la gamine rousse et ne pris pas le temps de s’émouvoir : il allait être en retard si ça continuait comme ça ! Même la beauté macabre de la chevelure rousse tirant au rouge sang par endroits ne le fit pas ralentir le pas. En d’autres circonstances, il aurait tenté de capturer au plus profond de lui la multiplicité des tons, la complexité des formes, des pleins et des déliés dessinés par l’enchevêtrement des boucles de la jeune fille, pour les garder, le plus intact possible, dans sa collection spirituelle : il aimait le beau. Ce n’était pas un jour comme les autres et il devait se presser. Il arriva enfin devant les studios. Il était seul, pas de traces de potentiels candidats. Il sonna à la lourde porte en fer sur laquelle figuraient le nom et le logo de la firme multinationale d’origine autrichienne : Haendemolle. Il déclina identité, âge et motif de sa visite à la camera qui l’y invitait. La porte lui fut ouverte sur le champ. Il fut accueilli par Madame Osterbrück, relativement surprise qu’un candidat se manifeste. Sentant enfin que le destin lui souriait, elle lui offrit le plus beau panorama de sa dentition et lui annonça qu’il était d’ores et déjà sélectionné !! Il serait forcément célèbre à la fin du jeu, il ne pouvait pas en être autrement. L’émission commençait ce soir et c’était une aubaine qu’il ait déjà l’ensemble de ses affaires prêtes dans la malle. On le conduisit au maquillage sans que l’homme ne puisse poser la moindre question et, à vrai dire, ça lui était égal.

20h48. Pas le moindre habitant de Donaldville et de Navarre dans les rues. Aucun d’eux ne quittait le poste de télévision des yeux. L’annonce de la transmission ce soir, en direct, de la nouvelle émission d’Haendemolle avait surpris tous les habitants. La polémique soulevée par le concept de l’émission était retombée depuis quelques temps déjà, les langues avaient eu le temps de s’assécher : l’émission ne pouvait en effet pas démarrer, faute de candidat. Cette fois, ça y était, ils ne pouvaient plus retenir leur envie de découvrir le visage du cinglé qui allait participer à ce jeu.

20h50. Les projecteurs s’allumèrent. Il était à contrejour, on ne pouvait que deviner la forme allongée et voutée de sa silhouette. Générique. Décompte : 9, 8, 7,…

20h53. Ca y était, il était nu, offert aux yeux du public, il était leur héro, il serait aussi leur martyre. La voie du présentateur benjamin Castaldo s’approcha de lui, lui posa une flopée de questions sans en attendre réellement de réponse. Vint enfin le moment fatidique : Castaldo invita l’homme toujours accompagné de sa malle devant la maison du secret : personne ne savait exactement ce qu’il s’y trouvait même si tout le monde connaissait l’issue du jeu. L’homme y pénétra suivi de sa malle. La porte se referma, dans un long silence. Même la musique choisie par la production pour agrémenter ce moment resta silencieuse. Zoom sur le visage de l’homme. Aucun sentiment ne transparaissait, même pas une once de peur. Il avança dans la pénombre. Toujours le même silence. Le sol de ce qui serait sa nouvelle (et dernière) demeure était couvert d’asticots. Ceux-ci s’enlacèrent lentement le long de ses orteils, de ses jambes, de son bassin, de son tronc jusqu’à pénétrer dans ses oreilles et ses narines. Il le savait, il mourrait dévoré vivant par eux, il ne s’agissait que d’une question de semaine. Il serait filmé durant tout son calvaire sans qu’il ne puisse jamais dire un mot à l’ensemble des spectateurs. La production, même si elle orchestrait la mort d’un homme, ne voulait pas perdre des parts de marchés en raison de la violence des cris du supplicié et avait déjà déterminé l’ensemble des musiques et commentaires qui accompagneraient les images mortelles.

Il le savait que c’était maintenant ou jamais qu’il pouvait enfin crier à la face du monde ce qu’il avait à leur dire avant qu’il ne finisse comme une fourmi dans un vivarium. Il inspira profondément et offrit, les yeux rivés vers le plafond, les écritures de Saint augustin à la terre entière « Cum Catholici episcopi et partis Donati, iussu Imperatoris, disputando inter se gestis apud tribunum et notarium Marcellinum cognitorem habitis contulissent, multum prolixa eorumdem gestorum est facta conscriptio, quamvis posset totum multo brevius agi …». Les asticots avaient déjà pris possession de sa gorge.

vendredi 11 septembre 2009

Ping Pong in Donaldville (exécution numéro 2)

ACCIDENT TRAGIQUE AUX STUDIOS DE CANAL DONALDVILLE
Tôt ce matin, une explosion a souffle les locaux de la chaine de télévision. Les employés étaient heureusement absents pour cause de grève. Un exemplaire des "Confessions d'une accro du shopping" ayant été retrouve, la police fouille les décombres à la recherche d'éventuelles victimes. La piste criminelle est privilégiée, un chewing-gum colle sur une bouche de gaz serait vraisemblablement à l’ origine du sinistre. Lire le détail en page 4.

Ping Pong in Donaldville (exécution numéro 1)

Alors qu'elle traversait la rue "Du mec qui se fait renverser par une voiture", elle fait un strike sur un mec qui tirer une lourde malle dans laquelle il aurait pu entrer, pensa Colombine. Le type s'écroula sous les roues d'un camion qui pourtant devait livrer des courgettes (nulle part sur sa feuille de route n'était mentionnée qu'il devait rouler sur un type, qui plus est là où se sont des mecs qui se font renverser ) - on renomma donc la rue "Du type qui se fait écraser par un camion."

dimanche 6 septembre 2009

Ping-Pong (work in progress)

La nuit tombait sur Donaldville. Le silence l'imita. Le sinistre voyageur posa sa lourde malle et sortit un plan de la ville d'une de ses poches. Dans un déchirement de métal, le monorail s'arracha en direction de Frontierland, laissant l'homme seul dans la semi obscurité. Un frisson lui parcourut l'échine. Encore une fois il était perdu. Maugréant contre la carte trop compliquée, il la replia et commença à vider le contenu sa malle sur le quai. Même s'il savait que rien, dans tout ce barda, ne l'aiderait à trouver son chemin, il continuait à fouiller frénétiquement, à la recherche d'une bonne idée. Un casque de plongée, une pochette de 33 tours d'Eddy Mitchell, 3 rouleaux de rubans adhésif, un nécessaire de toilette, les Confessions de Jean-Jacques Rousseau, un tube de barbituriques et une pile rechargeable, mais aucune indication sur la route à prendre, et le contrôleur qui stationnait sur le quai, de plus en plus intrigué par le voyageur, s'approcha de lui d'un pas lent, les deux mains croisée sur ses reins. Dans un sursaut de désespoir, le sinistre voyageur se glisse en position foetale dans la malle et en fit claquer le couvercle. Recroquevillé de la sorte, il retrouve enfin son calme, coupé du monde extérieur, bercé par le seul bruit des battements réguliers et sourds de son cœur.

"Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi." En se récitant avec délectation ces phrases, il se dit que, quitte à en faire mentir l'auteur, il pourrait lui aussi faire preuve d'un telle ambition; des le lendemain il postulerait à l'émission de télé réalité pour se montrer dans toute sa vérité se dit-il et, satisfait, il referma ses yeux couleur menthe a l'eau.

Le lendemain matin, il sorti frais, dispos et sans aucune trace de la nuit passée dans la malle sur son costume blanc cassé. Néanmoins cette nuit passée dans la malle l'avait bien retardé et il lui fallait maintenant rattraper le temps perdu, ce qui ne serait pas une mince affaire. Il ramassa à la hâte ses affaires éparpilles sur le quai, et ne remarqua pas que les Confessions qu'il glissa dans sa malle étaient celles de Saint Augustin.

Il se dirigea donc avec hâte vers les studios d’enregistrement, persuadé d’avoir bien emmené le livre qui avait jusqu’à ce jour guidé l’ensemble de sa vie ainsi que de ses pensées et qu’il croyait nécessaire à l’accomplissement de grandes choses : les confessions de Jean Jacques Rousseau. Les studios se situaient à l'autre bout de la ville et, en marchant bien, il comptait s'y présenter dès leur ouverture et être ainsi le premier candidat à s'inscrire. Ce fut le cas.

oOo

A la sortie du lycée technique Clark Kent, une gamine rousse d'environ quinze ans mastiquait consciencieusement un chewing-gum, l'air bougon. Immobile et les mains dans les poches, elle ne semblait pas se soucier des jeunes gens qui la bousculaient en passant devant et derrière elle, l'entourant, la dépassant, l'enfermant dans une marée humaine dont elle était ostensiblement différenciée. Colombine n’avait jamais aimé les gens et encore moins les ados. Deux choses, qu’elle aimait : Le bowling et les émissions de télé-réalité, et elle disait merde au reste et aux autres.

jeudi 1 janvier 2009

Ping Pong - Second match

Début tiré au sort parmi les propositions suivantes :

"Elle venait d'avaler sa 4ème part de galette, deçue une fois de plus de ne pas avoir eu la fève, et alla s'échouer sur son fauteuil de bureau espérant que les nausées passent."

"La nuit tombe sur Donaldville."

"Son cancer lui a déjà bouffé une bonne partie de sa cervelle."